Zobel enfin en BD !
Roland Monpierre fait revivre le roman de Joseph Zobel « Diab’la » (qui avait été censuré en 1942) pour l’occasion du 100e anniversaire de naissance de l’auteur Martiniquais. « Diab'-là », c’est l’histoire d’un homme qui ne veut plus être exploité par les autres et décide de conquérir sa liberté par le travail de la terre. Il va réaliser ce projet avec Fidéline, une femme de caractère. Ou comment, à travers une histoire très locale (la Martinique rurale), parler d'une thématique très universelle : un homme se libère.
Caribulles : Pourquoi “Diab’-là” de Zobel ?
Roland Monpierre (RM) : Il s’agit de son tout premier roman, que j’avais lu déjà, il y a plus de 20 ans… C’est un récit à l’écriture simple et très imagée, qui facilitait la création d’un roman graphique. Ecrit en 1941, c’est un “livre de résistance et une ode à la dignité”, qui sera censuré et ne pourra paraitre qu’après la guerre, en 1947. C’était la belle occasion pour fêter et rendre hommage cette année, au 100ème anniversaire de la naissance de l’auteur martiniquais. D'ailleurs ce centenaire fait l'objet d'un hommage complet (événements lors du Salon du Livre, colloque en Sorbonne) dont l'ouvrage fait partie".
Caribulles : Comment avez vous travaillé sur cet album ?
RM : Comme pour toute bande dessinée ; en faisant d’abord un story-board... puis une recherche patiente sur les personnages principaux… Il fallait un style simple qui mette en valeur le texte de Zobel… D’où l’idée de l’utilisation d’une couleur unique qui évoque la couleur de la terre (en lien avec le sujet du roman bien sûr). Pour cette édition particulière, je n’ai pas été seul à concevoir cette publication ; j’ai eu le soutien de “ Passions Partagées ”, qui a conçu il y a quelques années une exposition sur Joseph Zobel, et prépare plusieurs événements pour son centenaire.
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Caribulles : Pourquoi avoir choisi un crowdfunding pour l'édition ?
RM : Le crowdfunding n’est pas le seul moyen que nous avons trouvé pour pouvoir financer cette édition de “Diab’-là”. Mais, il nous permettait aussi de faire la promotion du projet sur les réseaux sociaux. La limite de temps du site participatif a dessiné également un calendrier quant à la fabrication à proprement parler de l’album. Nous avons calé la fin de la campagne, pour le 1er jour du salon du livre.
Caribulles : Les auteurs caribéens ont-ils toujours des difficultés avec les grandes maisons d'édition ?
RM : Tous les auteurs ont actuellement des difficultés, et beaucoup de maisons d’édition aussi… Ceci dit, il n’y a pas beaucoup d’auteurs de la Caraïbe qui travaillent sur des sujets concernant leur propre culture. Considérons que les difficultés des auteurs avec les petites ou grandes maisons d’édition ne dépendent pas seulement de leur origine.
Caribulles : Est ce que ça bouge pour les bdéistes caribéens en France ?
RM : Je ne vais parler que pour moi ; oui ça bouge. Je dirai qu’en fait, ça bouge encore plus quand on va chercher des solutions en France et en dehors… Le monde devient un village dit-on… et Internet est un bon véhicule… Rien ne nous contraint à l’hexagone.
Caribulles : Avez-vous prévu de venir en promotion dans la Caraïbe ?
RM : Je serai ravi de venir faire la promotion de cet album, aux Antilles (en Martinique, et particulièrement en Guadeloupe, surtout si Caribulles m’invite).
Caribulles : Est-ce que le travail graphique fait pour Diab’-là peut déboucher un jour sur un film d'animation ?
RM : Aujourd’hui, et grâce à l’informatique, il n’y a aucun style qui ne puisse être adapté… Pourquoi pas en dessin animé ? En ce qui me concerne, ce ne serait pas la 1ère fois que mes dessins serviraient à une réalisation audio-visuelle.



