|
Pointe-à-Pitre. Jeudi 22 décembre 2011. Caribulles. Le 3e tome de Petit Jacques : Petit-Jacques et la Manman Dlo réalisé par Bernard Joureau (dessinateur) et Alain Mabialah (scénariste) est sorti début décembre. Interview de Alain Mabiala, écrivain et poète caribéen connu et reconnu.
Les contes antillais en Bandes Dessinées... Nous serions presque tentés de dire « enfin » ! Comment ce projet est il né ?
Alain Mabialah : Le projet est né d’une discussion avec Bernard, où il était question de l’absence d’un héros antillo-guyannais genre Tintin, Astérix, bref, un petit malin astucieux. Je lui ai donc parlé de Petit-Jacques qui existait déjà par écrit, et nous avions décidé de lui donner une existence afin de le rendre accessible au plus grand nombre.
Comment l’éditeur Caraïbéditions a-t-il accueilli cet ouvrage ? Vous a t’il donné carte blanche pour le scénario et les dessins ?
AM : L’éditeur ne s’est jamais immiscé dans le scénario, et a tout de suite apprécié le travail qui allait dans le sens de sa vision des contes de la caraïbe.
Quels sont les futurs thèmes que vous souhaitez aborder dans les ouvrages à venir ?
AM : Dans les contes antillais, l’air, la terre, le feu, ont tous une interprétation. Il en est de même pour le carnaval qui est bien ancré dans la culture de ces descendants d’africains qui ont été enlevés de leur terre natale, pour franchir les mers et atterrir aux Antilles. Les antillais vivaient très mal les disparitions en mer des bateaux de pêcheurs, et ont inventés une maman dlo « une maman de l’eau » qui enlevait les pêcheur aventureux. Les prochains thèmes seront donc sur le carnaval, un tambour magique et une maman dlo qui voit ses plans déjoués par Petit-Jacques.
Racontez nous qui est « Petit-Jacques » ?
AM : Petit-Jacques est un enfant espiègle, malicieux, vaillant, téméraire, qui « vit la vie » de tous les jours avec ses petits camarades et qui a un plus, il pense et réfléchit très vite.
De ce que vous décrivez, il ressemble un peu à un « Kirikou antillais », qu’en pensez vous ?
AM : Oui, on peut lui donner cet approche de Kirikou, ceci dit, il reste quand même un enfant des îles, né et élevé dans la campagne antillaise, il peut être de Guadeloupe ou de Martinique où les habitations et le vécu étaient les mêmes. Nous souhaiterions que chaque antillais s’approprie ce personnage, lui donne vie, le fasse pénétrer dans les foyers, afin que chaque enfant antillais né aux Antilles ou ailleurs, puisse se faire une idée sur le vécu et l’imaginaire d’avant. Nous nous sommes attachés à tous les détails qui permettent de montrer comment vivaient nos anciens à cette époque.
D’après vous, en quoi l’univers des contes antillais est-il différent de celui des contes européens ?
AM : Il est différent par l’histoire des Antilles et de l’Europe, qui sont certes liées mais qui ne sont pas semblables. Les apports des ethnies qui composent les Antilles se retrouvent mélangés dans les coutumes et traditions et sont la base de notre culture. Le conte antillais est une traduction de cette culture multi-ethnique.
Qu’est ce que le dessin apporte à l’histoire proprement dite ?
AM : Le dessin et les couleurs permettent enfin au lecteur de visualiser le personnage et de découvrir cette ambiance unique.
Cette nouvelle série s’adresse à quel public et à quelle tranche d’âge ?
AM : Cette série s’adresse à un public jeune entre 7 et 12 ans.
Pensez vous que cette BD pourrait être traduite dans la langue de Schakespeare pour les îles anglophones voisines ?
AM : Pourquoi pas ? Ce serait là l’occasion de faire connaître Petit-Jacques au delà de la barrière de la langue.
Une traduction en créole aurait elle un sens, considérant le public visé ?
AM : Une traduction en créole, à mon avis ne rendrait pas accessible au plus grand nombre les aventures de Petit-Jacques, sachant que le créole change d’une île à l’autre, mais c’est une idée à retenir pour l’avenir...
|